Visite du jeudi 8 septembre 2016


Verdun


        06 h 30, heure très matinale et pourtant nous sommes 42 à embarquer pour un voyage de mémoire sur le site de la Bataille de VERDUN.

        Nous ferons un tour de ville pour découvrir les principaux Monuments qui ont illustré le passé glorieux de cette ville ; Porte Saint Paul, le Monuments de la Victoire et bien d’autres encore.

        Nous nous rendons ensuite au Fort de DOUAUMONT.

Ouvrage le mieux armé de la ceinture fortifiée, pièce maîtresse de la défense autour de Verdun. Ce Fort de Douaumont a été construit en 1885 par le général Séré de Rivières. A 2 km à l’est du village de Douaumont, il se trouve à 388 m d’altitude, le point le plus haut des côtes de Meuse.

        Déclassé en août 1915, il est en partie désarmé et vidé de sa garnison quand, le 21 février 1916, la bataille de Verdun commence… Le fort est bombardé et tombe aux mains des Allemands le 25 février 1916, qui l’occupent et l’utilisent comme base logistique et de repos. Jusqu’à 3 000 hommes y vivront dans la promiscuité.

Des événements dramatiques s’y dérouleront, particulièrement dans la nuit du 8 mai 1916. Le fort est alors surpeuplé, il fait l’objet d’une attaque française et de bombardements incessants faisant près de 2000 blessés et 679 morts qui resteront ensevelis dans une galerie murée. De forteresse protectrice, le fort de Douaumont est devenu leur tombeau.

        D’autres tentatives de reprise du Fort en mai et octobre entraîneront des pertes considérables dans les armées françaises et allemandes. Le 24 octobre 1916, les troupes coloniales du Maroc finissent par reprendre le fort aux Allemands.






        Il est grand temps pour tout le monde de penser au repas de midi, servi dans la convivialité qui caractérise bien le style du 6 ChA.









        Après ce moment de détente, nous nous dirigeons vers la Citadelle souterraine, et c’est en wagonnets que nous découvrons cet ouvrage.


        « Puissant réduit recouvert de lourdes masses de terre, la Citadelle de Verdun est plus qu’une caserne, c’est une redoute, c’est le point de contact entre l’Avant et l’Arrière. C’est là qu’aboutissent toutes les relèves, c’est de là qu’elles partent toutes - c’est la gare de triage entre la Guerre et la Paix. » (Gaston Gras, DOUAUMONT).


        Le 21 février 1916 à 8 h 15, l’armée allemande déclenche sa grande offensive sur Verdun. Les premiers obus vont tomber sur la citadelle, l’état-major de la place et certains services civils trouvent refuge dans ces galeries creusées sous 16 mètres de roche.

        Dès lors, la citadelle va s’organiser comme une petite ville souterraine à l’activité incessante, des bureaux pour l’état-major et ses services, d’immenses dortoirs pour les troupes, des magasins à poudre et à munitions pour ravitailler le front, une boulangerie dotée de neuf fours à pain et produisant 41 000 rations par jour, des équipements dédiés au repos et au divertissement du soldat, un central téléphonique, une infirmerie, le tout éclairé par une usine électrique. Jamais atteintes par les bombardements, ces galeries souterraines ont joué un rôle moral et logistique décisif.

        Dès 1916, le Président du Souvenir Français de Rennes propose qu’un soldat français tombé au champ d’honneur, dont l’identité resterait inconnue, soit inhumé au Panthéon. Déposé le 2 novembre 1920, le projet de loi ayant pour objet « d’ordonner la translation à Paris et le dépôt à l’Arc de Triomphe des restes d’un soldat inconnu mort pour la France au cours de la Grande Guerre » est approuvé le 8 novembre à l’unanimité par les députés. Ils adoptent en même temps le lieu d’inhumation : l’Arc de Triomphe.

         André Maginot, Ministre des Pensions, fait connaître les directives « pour faire exhumer le corps d’un soldat identifié comme français, mais dont l’identité personnelle n’aura pu être établie ».

        Le 9 novembre, les cercueils sont acheminés jusqu’à la citadelle de Verdun. L’une des casemates est aménagée en chapelle ardente.

        Le 10 novembre, André Maginot arrive à la citadelle.

        En tendant un bouquet de fleurs à Auguste THIN, jeune caporal du 132ème régiment désigné la veille pour choisir le Soldat Inconnu, il prononce ces paroles : « Soldat, vous allez le déposer sur l’un des huit cercueils qui sera le Soldat Inconnu. C’est le suprême hommage, et qui n’est pas trop grand, lorsqu’il s’agit de celui dont le sacrifice anonyme et le courage surhumain ont sauvé la Patrie, le Droit et la Liberté ».

        Le jeune caporal s’arrête finalement sur le 6ème cercueil. Il expliquera son choix en affirmant qu’il a voulu rendre hommage à son régiment (132ème) en additionnant tous les chiffres (1+3+2).

        Voilà l’histoire du choix du Soldat Inconnu.










        Nous allons ensuite à l’Ossuaire de DOUAUMONT

        Les premières pierres de l’ossuaire provisoire ont été posées le 22 août 1920 sous l’impulsion de Mgr Ginisty, évêque de Verdun. Il voulait donner une sépulture décente aux hommes tombés lors de la bataille de Verdun.

        Le monument de l’Ossuaire de DOUAUMONT se compose d’un cloître de 137 mètres de long qui abrite les tombeaux représentant les différents secteurs géographiques de la bataille de Verdun et recouvrant les restes de 130 000 soldats inconnus français et allemands, une chapelle et une tour-lanterne de 46 mètres qui offre un panorama sur l’ensemble du champ de bataille.

        L’intérieur de l’Ossuaire est impressionnant. Le règlement stipule de ne pas prendre de photos, ce que nous regrettons, tant l’atmosphère et la beauté du lieu rappellent l’importance du désastre de tous ces morts inutiles, au nom des guerres. De chaque côté de cette immense allée, se trouvent deux absides où les familles peuvent se recueillir dans un profond silence.

        Devant l’ossuaire s’étend l’immense nécropole nationale où reposent plus de 16 000 soldats. Un mémorial consacré aux soldats de confessions juives, orné d’une bible gravée en lettres hébraïques, se situe à l’ouest du cimetière. À l’est se trouve un monument à la mémoire des soldats musulmans.








        Nous reprenons le chemin du retour avec ces images terrifiantes d’une guerre ou des milliers de jeunes hommes ont perdu une vie tellement précieuse.